Arbrealettres

Poésie

VERS ITALIENS VENISE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



VERS ITALIENS
VENISE

I
Avec elle, je partais en mer,
Avec elle, je quittais le rivage,
Avec elle, je m’en allais au loin,
Avec elle, j’oubliais mes proches…

O, la voile rouge
Dans le lointain vert !
Les perles noires
Sur un châle sombre !

Il vient de la messe obscure,
Celui qui n’a plus de sang dans le cœur,
Le Christ, fatigué de porter sa croix…

Mon amour adriatique —
Mon dernier amour —
Pardonne, pardonne-moi !

II

Un vent froid près de la lagune,
Des gondoles les silencieux cercueils.
Je suis cette nuit, malade et jeune,
Prosterné près de la colonne au lion.

Sur la tour, d’un chant d’airain
Les géants sonnent l’heure de minuit.
Et Marc a noyé dans la lagune d’argent
Son iconostase ouvragé.

Dans l’ombre de la galerie
A peine éclairée par la lune
Se cachant, passe Salomé
Portant ma tête ensanglantée.

Tout dort, palais, canaux, humains,
Seul vit le pas glissant du spectre,
Seule, la tête sur le plat noir
Contemple tristement les ténèbres ambiantes.

(Alexandre Blok)

Illustration: Roger Suraud

 

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