Arbrealettres

Poésie

ANGOISSE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



ANGOISSE

Ah villages sur voie, privés de leurs quiétudes,
qui, à chaque aurore pure — ô poussière de charbon !
vous trouvez découverts — grognons,
éblouis, encore mal éveillés —
par un train mixte, sale et lent,
qui coupe votre rivière,
qui, de tout près regarde l’heure
de l’horloge lasse de votre clocher,
qui enfume vos fleurs et enfume vos fruits,
brûle votre verdure,
et qui surprend soudain, avec son lourd fracas,
le vol, l’adultère, le crime à pas lent,
et la nécessité !

***

ANGUSTIA

¡Ay, pueblos a la vía, sin quietudes,
que, cada aurora pura —¡carbonilla!—,
sois descubiertos — morroñosos,
deslumbrados, mal despiertos aún—,
por un tren misto, sucio y lento,
que os corta vuestro río,
que os mira, cerca, la hora
del cansado reló de vuestra torre,
que os ahuma las flores y los frutos,
que os requema lo verde,
que os sobresalta, torpemente fragorosco,
el robo, el adulterio, el crimen lento,
y la necesidad!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Claude Monet

 

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