Arbrealettres

Poésie

Rondeau de la tortue (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2020




    
Rondeau de la tortue

Petit à petit la tortue
A fait le tour de son jardin
Elle a grignoté sa laitue
Et cueilli un bouquet de thym
Vraiment ce fut un beau matin
Le soleil chauffe de ses mains
Nues les verdures ingénues
Petit à petit

Le nez de la tortue remue
Il fera chaud on le sent bien
Elle tend le cou et revient
Lentement à l’ombre des rues
Petit à petit

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

3 Réponses vers “Rondeau de la tortue (Jacques Roubaud)”

  1. Tortue de gueules
    ————

    De gueules, la tortue, animal plutôt lent,
    Va moins vite qu’un loup, mais plus qu’une limace ;
    Elle peut déplacer son imposante masse
    En laissant s’activer ses muscles indolents.

    Jamais elle n’aura les ailes du milan,
    Ni celles du faucon, d’ailleurs elle s’en passe ;
    Elle a ses petits pieds pour explorer l’espace,
    Elle surveille tout d’un regard vigilant.

    Cet animal jamais n’envie la forme humaine,
    Il lui suffit d’errer dans son petit domaine ;
    Si le danger surgit, elle cache son chef.

    Si le renard l’offense, elle peut bien l’absoudre,
    Elle ne voudrait point lui envoyer la foudre ;
    Elle le met en garde, en deux ou trois mots brefs.

    • La tortue Mimi
      ———-

      J’aime tous les oiseaux, les reptiles aussi,
      La tortue en premier, qui nul dieu ne redoute ;
      Dans le vert paysage elle trace sa route,
      Paisiblement marchant d’un petit pas précis.

      Que veut-elle de nous, la belle que voici ?
      D’une fraîche boisson, quelques petites gouttes ;
      La musique du vent, que toujours elle écoute,
      Un soupçon de salade, un peu de pain rassis.

      Tire-t-elle fierté de son exosquelette ?
      Mais non, guère non plus de ses records d’athlète ;
      Elle digère en paix ses frustes aliments.

      Elle admire, du haut de son humble stature,
      En ce jour printanier, l’éveil de la nature ;
      Les crapauds du jardin lui parlent poliment.

  2. Tortue d’inframonde
    ——–

    Maudite je fus par Saint Hexapode,
    J’avais dit du mal de ses manuscrits ;
    C’était pour blaguer, mais il n’a pas ri,
    J’ai donc découvert ces lieux malcommodes.

    Dans cet inframonde, il y règne un code
    Pas vraiment plaisant, même un peu pourri ;
    On y mange à peine, on y dépérit,
    Comment finira ce triste épisode ?

    J’ai beaucoup marché, malgré ma lenteur
    Et sans rencontrer trop de tourmenteurs ;
    Je supporte bien la chaleur des flammes.

    Puis, je m’accoutume aux démons pervers,
    Je me fais ma place en cet univers ;
    Car il est obscur, mais n’est pas sans âme.

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