Arbrealettres

Poésie

VOIX (Alfonsina Storni)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



yeux-ouvertsm-800x600

VOIX

Je t’attacherai
à mes poignets
comme une flamme,
douleur de servir
à des choses niaises.
Je vais me mettre à courir
les poings levés
parmi les maisons des hommes.

Nous avons dormi, tous,
trop dormi.
Dormi
en pleine lumière
comme les étoiles
en plein jour.
Dormi
sous des lampes
à moitié allumées,
glacés
dans l’ardeur solaire,
comptant le nombre
de nos cheveux,
regardant pousser
notre vingtaine
d’ongles.

Quand donc
les jardins du ciel
prendront-ils racine
dans la chair des hommes,
dans la vie des hommes,
dans la maison des hommes ?

Il ne faut pas dormir
jusque-là.
Paupières ouvertes,
écartées de force avec les doigts
si elles veulent céder,
jusqu’à ce que la fatigue
les rendent toutes rouges,
comme ces cercles autour de la lune
quand l’orage
tente
d’écarteler l’univers.

(Alfonsina Storni)

Illustration

 

 

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :