Arbrealettres

Poésie

CIMETIÈRE DE SINERA (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jean-Claude Bourgeois
    
CIMETIÈRE DE SINERA

I
Par les ravines descend le char
du soleil, venant de crêtes
de fenouils et de vignes
que j’ai toujours en mémoire.
Je vais parcourir l’ordre
de verts cyprès immobiles
dominant la mer calme.

II
Quelle petite patrie
encercle le cimetière !
Cette mer, Sinera,
collines de pins et de vignes
poussière de ravines. Je n’aime
rien d’autre, si ce n’est l’ombre
voyageuse d’un nuage.
Le lent souvenir des jours
qui sont passés à jamais.

***

CEMENTIRI DE SINERA

I
Pels rials baixa el carro
del sol, des de carenes
de fonollars i vinyes
que jo sempre recordo.
Passejaré per l’ordre
de verds xiprers immòbils
damunt la mar en calma.

II
Quina petita pàtria
encercla el cementiri !
Aquesta mar, Sinera,
turons de pins i vinya,
pots de rials. No estimo
res mes, excepte l’ombra
viatgera d’un núvol.
El lent record deis dies
que són passats per sempre.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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