Arbrealettres

Poésie

LE DEUIL DU MOULIN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



LE DEUIL DU MOULIN

Le vieux meunier dort, au fond d’un cercueil
De chêne et de plomb, sous six pieds de terre,
Et, dans le val plein d’ombre et de mystère,
Le moulin repose en signe de deuil.

La nuit a drapé ses murs de longs voiles
Crêpes aux plis noirs et silencieux,
Et sur le velours funèbre des cieux
Roulent des pleurs d’or tombés des étoiles.

La voix du vent dit, dans les roseaux roux,
Un hymne au bon Dieu pour la paix de l’âme
Du défunt, et l’onde égrène sa gamme,
Lente comme un glas, sur de gros cailloux.

Les saules ont mis leurs branches en berne
Au bord du ruisseau, dans l’obscurité,
Et le sentier même est comme attristé
Par l’air douloureux et lourd qui le cerne.

Et le vieux moulin, le pauvre moulin
Dont le maître est mort un matin d’automne,
Gît parmi les champs, sous la lune atone,
Seul et délaissé comme un orphelin.

(Gaston Couté)

 

 

2 Réponses vers “LE DEUIL DU MOULIN (Gaston Couté)”

  1. Moulin rustique
    ———-

    Ce moulin fut construit du bois d’une forêt,
    Abritant d’un meunier la présence spectrale ;
    Je l’entends réciter des rimes sépulcrales
    Ou lire des fragments d’un manuscrit secret.

    La meunière eut jadis de ravissants attraits,
    Mais que dissimulait modestement un châle ;
    Elle n’est à présent qu’un fantôme fort pâle,
    La famille n’a point conservé son portrait.

    Que ce moulin est sombre ! Il n’a pas de fenêtres ;
    Dans son rez-de-chaussée le vent d’hiver pénètre,
    D’étranges inconnus viennent y boire un coup.

    Le maire veut en faire une zone interdite,
    À tous les transgresseurs mettant la corde au cou ;
    Mais toujours tourneront ces quatre ailes maudites.

    • Moulin démesuré
      ———–

      Ce grand moulin se prend pour une cathédrale,
      Il se voudrait aussi défenseur de la foi ;
      Mais j’y entends, la nuit, des chansons sépulcrales
      Capables d’effrayer les défunts d’autrefois.

      Le meunier dit des vers d’une voix magistrale,
      Ainsi que des dictons en langue des Gaulois ;
      Ça fait fuir les démons jusqu’à la voûte astrale
      Dont inutilement ils contestent les lois.

      Jusqu’au petit matin j’écoute leurs insultes,
      Mais je n’y comprends rien, c’est un langage occulte,
      J’en viens à préférer leurs ignobles chansons.

      Quand vient le grand soleil, ils ferment leurs paupières,
      Ils restent sans bouger sous le vieux Pont de Pierre ;
      Avec moi le meunier partage une boisson.

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