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Poésie

LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR

Les mariniers adorent un beau jour,
Quand pleins d’espoirs s’en vont courir fortune,
Et des beautez que nous a fait Amour,
En ces bas lieux je n’en adore qu’une.

Les Cypriens n’adorent que Venus,
Lors qu’ilz avoyent l’ame d’amour attainte :
Et mes deux yeux en larmes devenus,
N’adorent rien icy bas que ma sainte.

Les prisonniers cherchent la liberté
Pour mettre fn à leur peine cruelle :
Moy je me plais en ma captivité,
Dans les liens d’une dame si belle.

Le Portugais envie la valleur,
Et la couleur de la perle d’Yndie.
Et je ne puis aymer autre blancheur
Que celle de la main qui me lie.

Venus, le jour et le soleil des cieux,
La liberté, et la perle indienne,
Ne me sont rien au pris de ses beaux yeux,
Nulle beauté n’est egalle à la sienne.

***

Bargees love a fne day
When, full of hope, they go off in search of fortune,
And of the beauties that Love has made us,
In these low places I adore only one.

The Cyprians adore only Venus,
When they had affected the soul with love:
And my two eyes having become in tears,
Adore nothing here below but my saint.

Prisoners seek freedom
To put an end to their cruel sentence:
I, however, enjoy my captivity
In the bonds of so fair a lady.

The Portuguese envies valour
And the colour of the pearl of India.
And I can love no other whiteness
Than that of the hand that binds me.

Venus, the day and the sun of the heavens,
Freedom, and the Indian pearl
Are worth nothing to me compared to her lovely eyes,
No beauty is equal to hers.

***

Die Seeleut‘ freu‘n sich über einen schönen Tag,
Wenn voller Hoffnung‘ sie sich aufmachen zur Fortüne.
Und von den Schönheiten, die uns Amor hat beschert,
Hienieden ich nur liebe eine.

Die Zyprioten lieben nur Venus,
Wenn ihre Seele von der Liebe ward getroffen,
Und meine beiden Augen in Tränen nun getaucht,
Lieben nur hienieden meine Heil‘ge.

Die Gefangenen trachten nach der Freiheit,
Zu beenden ihre grausam‘ Straf‘.
Mir gefällt es in meinem Kerker,
In den Banden einer Dame wunderschön!

Der Portugiese neidet den Wert
Und auch die Farbe der indisch‘ Perl‘.
Und ich kann lieben nur die Blässe
Der Hand, die bindet mich.

Venus, der Tag und auch der Himmel Sonne,
Die Freiheit, sowie die indisch‘ Perl‘
Bedeuten nichts mir im Vergleich zu ihren „teuren“
schönen Augen,
Kein‘ Schönheit kommt ihr gleich!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
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0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
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0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
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0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

 

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