Arbrealettres

Poésie

UN COQ PLACE DE L’OPÉRA (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Marie-France Busset
    
UN COQ PLACE DE L’OPÉRA

Le chant d’un coq de ferme à midi place de l’Opéra
en attendant l’autobus 27 Si on y réfléchit
il est peu probable qu’il y ait un coq en train
de faire le faraud entre le Drug Store Opéra
et le Café de Paris Un coq à crête pourpre
dans une cour agricole brûlée du soleil d’août
coq qui gratte de ses griffes la paille de la grange
pour y trouver une provende tardive
puis entre deux goulées de grains
saute sur une poule et la transperce à la diable
l’amour foudre le plaisir éclair
Coq si content de toi que viens-tu faire
en chantant si fort à midi en décembre
à l’arrêt de l’autobus 27 place de l’Opéra ?
Tu n’as rien à faire dans cette journée
Tu as soixante ans de retard (ou d’avance ?)
J’ai huit ans Maman veut que je dorme après le déjeuner
Elle m’a mis sur le lit a tiré les persiennes
Mais une fois la porte fermée je me lève
et pieds nus je vais à la fenêtre regarder la cour
où se pavane en habit de clarté
un coq couleur de feu qui malgré l’heure d’après-midi
se met à chanter comme si c’était l’aube
et chante dans ma tête après tant d’années
à midi en décembre place de l’Opéra
où les coqs se font de plus en plus rare

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

Une Réponse vers “UN COQ PLACE DE L’OPÉRA (Claude Roy)”

  1. Derniers jours de Maître Coq
    ————–

    Paisible est Maître Coq, jadis aventureux,
    Dans la sérénité que l’âge lui procure ;
    Il passe ses vieux jours dans une pièce obscure,
    Ses potes lui ont dit qu’il peut compter sur eux.

    Il se souvient des lieux où son coeur fut heureux,
    Où son âme connut de belles aventures ;
    Il trouve maintenant refuge en l’écriture,
    Il ne se risque plus à des jeux dangereux.

    Il n’eut jamais de goût pour les plaisirs barbares ;
    Jamais dans la tempête il ne tenait la barre,
    Il préférait toujours dans un port s’abriter.

    Son temps est de paresse et de mélancolie,
    Ce n’est plus la saison de faire des folies ;
    Ses derniers jours n’ont pas un goût d’éternité.

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