Arbrealettres

Poésie

Le vin d’éternité (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    
Le vin d’éternité

En ce temps-ci, il n’est d’autre ami sans défaut
qu’un verre de vin pur, un recueil de poèmes:

Pars sans bagage étroit est le pas du salut.
Prends la coupe, car rien, rien ne vaut une vie.

Je ne suis pas le seul à être négligent : les
savants, eux aussi, sont tristes de ne pas
mettre en pratique ce qu’ils savent.

On voit bien que ce monde est un passage obscur
et que tout, ici-bas, est déplacé, instable.

Tiens-t-en aux beaux cheveux ! Ne conte pas de fable !
Ce sont les astres seuls qui sont les responsables : de
Saturne et Vénus dépend notre destin.

Mon cœur espérait tant s’unir avec le tien,
mais la mort a coupé la route de la vie.

On ne trouve jamais notre Hâfez lucide :
n’est-il pas toujours ivre du vin éternel?

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

2 Réponses vers “Le vin d’éternité (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)”

  1. Planète des cabaretiers
    ———-

    Dans les verres, le vin vieux
    Rougit quand on le contemple ;
    La serveuse aux jolis yeux
    Nous l’a versé d’un geste ample.

    Rabelais vint en ce lieu
    Aux buveurs donner l’exemple ;
    Et Bacchus, le meilleur dieu
    Dont les troquets sont les temples.

    Je souris en découvrant
    Cet univers enivrant ;
    J’aime bien la tavernière.

    Ce n’est pas un songe vain ;
    C’est un havre de lumière,
    Celui dont la vigne vint.

  2. Plumes érudites
    ——–

    Cet oiseau bien souvent sut encadrer des thèses,
    D’un étonnant savoir il montra le chemin ;
    Aux murs de son bureau trônent cent parchemins,
    Ces travaux font l’objet d’une vaste synthèse.

    Maintenant il est vieux, sa soif d’agir s’apaise,
    De ses livres souvent il vide le trop-plein ;
    Or, d’être retraité, jamais il ne s’en plaint,
    Ne gardant du passé nulle impression mauvaise.

    Dans un rêve il revit ses anciennes amours,
    Cela rend lumineux les vestiges du jour ;
    Il n’écrit pourtant plus de ces proses galantes.

    De marcher dans sa ville il ne se lasse pas,
    Il va comme un pigeon, faisant de petits pas ;
    Un ange suit des yeux sa promenade lente.

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