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Poésie

Posts Tagged ‘pensées’

Rivière lente lente (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2018



Rivière lente lente,
les pensées des poissons s’étirent et s’étirent,
ces pensées indécises leur sont un bien-être
du corps et de l’esprit !

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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Chanson des deux éléphants du paradis (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



II était, il était une fois
Deux éléphants qui ne dormaient pas.

Leurs grands yeux constamment allumés
Effrayaient le monde et les années.

On décida de les enfermer.
Mais nul ne put les emmener.

Il était, il était une fois
Deux éléphants qui ne bougeaient pas.

Ils fixaient toujours le même point
Qui semblait, à chaque fois, plus loin.

Aucun fouet ne les distrayait
Nulle douleur, pas même leurs plaies.

Il était, il était une fois;
Deux éléphants qui ne mouraient pas.

On avait beau leur tirer dessus,
Ils gardaient, malgré eux, le dessus,

Espérait-on la nuit les brûler,
Le feu, à leur contact, s’éteignait.

Cherchait-on alors à les noyer,
Devant eux, la mer s’agenouillait.

II était, il était une fois
Deux éléphants qu’on ne nommait pas.

Ils vivaient leurs mille vies secrètes
Dedans leur regard que rien n’arrête.

Avec leur trompe toujours baissée,
Humaient la terre dans ses pensées.

Il était, il était une fois
Deux éléphants que l’on n’aimait pas.

(Edmond Jabès)

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Tu n’entendras jamais un murmure de fatigue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Au dortoir des ressemblances
les feuilles ont leurs pensées
Les pierres savent le bruit
doré que font les abeilles
Le jour est intimement lié
à leur désespoir à leur oreille
Pour l’air l’eau du temps
la nature danse
L’herbe dans la terre a
un pied nu qui avance
Mais tu n’entendras jamais
un murmure de fatigue

***

O ESPELHO

No dormitório das semelhanças
as folhas têm seus pensamentos
as pedras sabem o rumor
dourado que fazem as abelhas
O dia está intimamente ligado
ao seus desesperos às suas orelhas
Para o ar a água do tempo
a natureza dança
A relva na terra tem
um pé nu que avança
Mas tu não ouvirás jamais
um murmúrio de fadiga.

(Edmond Jabès)

 

 

 

 

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Venez me voir (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Si vous cherchez l’oubli des pensées,
venez me voir –
Vous pourrez arroser les doux
légumes de mon jardin.

(Wang Wei)


Illustration

 

 

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Je veux faire un jardin (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Je veux faire un jardin
de mes bonnes pensées

(Germain Nouveau)


Illustration

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P’OASIS (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



arborescence

Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent
sur les chemins des jardins cérébraux.

– Soeur Anne, ma Sainte Anne, ne vois-tu rien venir… vers Sainte-Anne?
– Je vois les pensées odorer les mots.

– Nous sommes les mots arborescents qui fleurissent
sur les chemins des jardins cérébraux.
De nous naissent les pensées.

– Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent
sur les chemins des jardins cérébraux.
Les mots sont nos esclaves.
– Nous sommes
– Nous sommes

– Nous sommes les lettres arborescentes qui fleurissent
sur les chemins des jardins cérébraux.
Nous n’avons pas d’esclaves.
– Soeur Anne, ma soeur Anne, que vois-tu venir vers Sainte-Anne?
– Je vois les Pan C
– Je vois les crânes KC
– Je vois les mains DCD
– Je vois les M
– Je vois les pensées BC et les femmes ME
et les poumons qui en ont AC de l’RLO
poumons noyés des ponts NMI.
Mais la minute précédente est déjà trop AG.

– Nous sommes les arborescences qui fleurissent
sur les déserts des jardins cérébraux.

(Robert Desnos)

Illustration: Valota

 

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Pensées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Penser, vivre, mer peu distincte;
Moi – ça – tremble,
Infini incessamment qui tressaille.
Ombres de mondes infimes: ombres d’ombres,
cendres d’ailes.
Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer;
étrangères en nos maisons,
toujours à colporter,
poussières pour nous distraire
et nous éparpiller la vie.

(Henri Michaux)

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JOURNAL DE ROUTE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



JOURNAL DE ROUTE

Je suis resté devant ma table
Aussi pesant, aussi prostré
Qu’un voilier quand le vent tombe.

Mon rêve avare et comme aveugle
Bourdonnait au ras d’une eau morte,
Effleurant de flottants débris.

Çà et là, de faibles souffles,
Mais en tous sens et sans force :
Bribes de pensées attachées
A des objets bas et falots…

Tout l’après-midi ce fut ainsi
Attente et silence et angoisse
Devant l’espace vide, ô feuillets blancs!
O ciel bouché, sans vol d’oiseaux!

Et dans les clapotis trop calmes,
Le désespoir au crépuscule…

Mais au moment d’abandonner, de fuir,
Voici l’Idée qui parle clair et dicte,
Voici les mots, la poussée des mots :
Le vent s’est levé! Nous avançons!

(Charles Vildrac)

Illustration: Glen Tarnowski

 

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Bouquet (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Bouquet

Trois pensées trois coquelicots trois soucis
Trois soucis trois roses trois œillets
Les trois roses pour mon amie
Les trois oeillets pour mon ami
Les trois coquelicots pour la petite fille si triste
Les trois pensées pour mon ami
Les trois soucis pour moi.

(Robert Desnos)

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DIRE : FAIRE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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DIRE : FAIRE

1
Parmi ce que je vois et dis,
parmi ce que je dis et tais,
parmi ce que je tais et rêve,
parmi ce que je rêve et oublie,
la poésie.
Se glisse
parmi le oui et le non :
dit
ce que je tais,
tait
ce que je dis,
rêve
ce que j’oublie.
Ce n’est pas un dire :
c’est un faire.
C’est un faire
qui est un dire.
La poésie
se dit et s’entend :
est réelle.
Et à peine dis-je
est réelle
se dissipe.
Est-elle plus réelle ainsi ?

2
Idée palpable,
mot
impalpable :
la poésie
va et vient
parmi ce qui est
et ce qui n’est pas.
Tisse des reflets
et les défisse.
La poésie
semailles yeux sur la page,
semailles mots dans les yeux.
Les yeux parlent,
les mots regardent,
les regards pensent.
Entendre
les pensées,
voir
Ce que nous disons,
toucher
le corps de l’idée.
Les yeux
se ferment,
Les mots s’ouvrent.

(Octavio Paz)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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