La nuit dévisage l’ombre
le chagrin m’a retiré la peau;
elle est tiède sous mes pieds.
(Tahar Ben Jelloun)
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
La nuit dévisage l’ombre
le chagrin m’a retiré la peau;
elle est tiède sous mes pieds.
(Tahar Ben Jelloun)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
J’égare les mots parmi les herbes
et je songe à un visage
(Tahar Ben Jelloun)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.
toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront qu’à composer au monde
un visage barbelé.
toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.
toi perdue,
je tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.
(Tahar Djaout)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

il gambade
dans les prairies de la mémoire,
comme un rêve longtemps reclus
qui trouve enfin la nuit propice.
(Tahar Djaout)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
Tous les matins
le soleil entre chez Si Lmokhtar
pille la mémoire du miroir
monte sur l’échelle
et s’en va en riant
(Tahar Ben Jelloun)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
Un bras sur l’horizon
une main touchant le ciel
une pensée folle
sur la tête penchée
un peu d’écume et de sel
déposés par la mer:
tel est l’homme qui ne peut nommer la douleur;
il se découvre funambule.
(Tahar Ben Jelloun)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

désir de pluie apaisante
quand ta robe repoussée
délivre un feu qui sommeille.
je suis devant ton corps
comme l’enfant émerveillé par le kaléidoscope;
rêve de fruits opulents,
rêve d’oiseaux multicolores,
rêve de paysages enchanteurs,
rêve d’arbres voyageurs.
je suis devant ton corps
comme l’enfant abasourdi par les manèges:
je me souviens — tu étais à mes côtés –
de ce silence des rues pourtant trépidantes,
je me souviens des murs
dont les jointures craquaient de ne pouvoir contenir mon bonheur,
je me souviens de ce désir trop lourd pour ma poitrine,
de ce désir que nous portions à deux
comme un poids d’eau salutaire.
je suis devant ton absence
comme l’enfant pleurant de solitude:
tu viens à moi et la rue répudie son visage des jours brumeux,
tu viens à moi et la lumière née soudain te multiplie,
les choses prennent les contours que tes mains leur attribuent.
comme deux planètes confondues:
ton corps jumeau du mien,
mon désir au tien ligoté.
je suis entre tes bras
comme l’argile frémissante et aveugle:
tes mains inventent mon corps
et tracent un chemin pour mes lèvres.
je suis devant tes paysages offerts
un inlassable déchiffreur:
la rosée des lèvres concédées,
les lianes subtiles de tes bras,
les pirogues de tes cuisses,
la plaine du ventre qui chavire,
le miel de la fleur harponnée,
la combustion d’insectes
dans l’arc des aisselles dévoilées.
je suis devant ton corps
comme l’enfant taraudé d’aventures.
je suis devant ton amour
comme une luciole inextinguible.
(Tahar Djaout)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

Le petit oiseau blanc
qui étend ses ailes au moment de mourir
ne l’écrase pas
N’écrase pas le petit oiseau blanc
qui étend ses ailes au moment de mourir
et tente de s’envoler
pour la dernière fois
(Aïcha Arnaout)
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