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Posts Tagged ‘mollusque’

J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature
tel le mollusque dans le phosphore marin :
le sel brisé qui me heurtait et m’emplissait
de son écho, construisait mon propre squelette.
Comment vous expliquer : sans mouvement ou presque
de cette respiration, bleue haleine amère,
une à une les vagues répétèrent
ce que je pressentais et qui palpitait là,
et pour finir sel et écume me formèrent :
le dédain et aussi le désir d’une vague,
le rythme vert qui au coeur de l’impénétrable
bâtit un édifice transparent,
ce secret-là se maintint ferme et aussitôt
Je sentis que mon coeur battait à l’unisson :
que mon chant grandissait en même temps que l’eau.

(Pablo Neruda)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Être angélique (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Ce petit corps charmant que semble avoir sculpté la main la plus habile
Comme il est là flottant, souple et sans ossature, au mollusque pareil!
En lui tout est organe, et tout s’y articule, et tout y plaît aux yeux.
Tout y est fait selon les normes, tout y est mobile à volonté.
Des hommes, j’en connais, des animaux aussi, tant oiseaux que poissons,
Et maints reptiles bien à part, miracles nés de la grande nature;
Pourtant je te regarde avec stupeur, Bettine, adorable miracle,
Toi qui es tout cela ensemble et qui, de plus, es un être angélique.

***

Wie, von der künstlichsten Hand geschnitzt, das liebe Figürchen,
Weich und ohne Gebein, wie die Molluska nur schwimmt!
Alles ist Glied, und alles Gelenk, und alles gefällig,
Alles nach Maßen gebaut, alles nach Willkür bewegt.
Menschen hab ich gekannt und Tiere, so Vögel als Fische,
Manches besondre Gewürm, Wunder der großen Natur;
Und doch staun ich dich an, Bettine, liebliches Wunder,
Die du alles zugleich bist, und ein Engel dazu.

(Goethe)

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Personne à qui le dire (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Personne à qui le dire

Dans un millier d’années,
on extraira de sous les rideaux un mollusque
laissant filtrer par la frange
l’empreinte d’une « bonne nuit » sur des lèvres
qui n’avaient personne à qui le dire.

(Joseph Brodsky)

 

 

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Le lichen sur la pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Le lichen sur la pierre, vrilles
de gomme verte, trame
le plus ancien des hiéroglyphes,
Il étire l’écriture
de l’océan
sur la roche ronde.
Le soleil la lit, les mollusques la mordent,
et les poissons glissent
de pierre en pierre comme des frissons.
Dans le silence l’alphabet
complète peu à peu les signes submergés
sur la hanche claire de la côte.

Le lichen tisserand avec son écheveau
va et vient et monte et monte
en tapissant la grotte d’air et d’eau
pour que la vague seule y danse,
pour que rien n’y arrive que le vent.

(Pablo Neruda)

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Dans un millier d’années (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018


 


 

Dans un millier d’années,
on extraira de sous les rideaux un mollusque
laissant filtrer par la frange
l’empreinte d’une « bonne nuit » sur des lèvres
qui n’avaient personne à qui le dire.

(Joseph Brodsky)

 

 

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PHILOSOPHIE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
PHILOSOPHIE

Salue le soleil, araignée, n’aie pas de rancoeur.
Remercie Dieu, ô crapaud, d’être au monde venu.
Des épines de rose parent le crabe velu
et les mollusques ont des femmes en leur coeur.
Sachez être ce que vous êtes, énigmes ayant pris forme ;
laissez-en toute responsabilité aux Normes
qui la renverront à leur tour au tout-puissant Créateur…
(Joue, grillon, et que l’ours danse, sous la sélénite lueur.)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Dans la nuit un mollusque grandit (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Dans la nuit un mollusque grandit.
— mais d’où tire-t-il sa chair ? —
il grandit avec les petites boules pâles
au creux des estomacs d’enfants :
ces boules qui s’enflent dans le ventre et sous les côtes
et qu’on appelle : « peur de la mort ».
C’est la peur de la mort du monde,
ce mollusque au mufle épais,
ces yeux sans regards qui rident l’espace.

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes

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Mers écarlates (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration
    
Mers écarlates

Un gémissement mollusque
Ne semble d’aucune importance ;
Mais de nuit un gémissement c’est les vagues
De marbre enflammé,
Corolles fatiguées
Ou lascives colonnes.

Un gémissement n’est rien ; ce sont les mers
Couronnées d’automne
Face à la porte sèche, comme un lit de fleuve
Oublié de tous,
Sa douleur contre un mur.

Un cri pourrait avoir peut-être plus de charme,
Avec le manteau écarlate,
Avec la poitrine écarlate.

Ce sont les mers, les mers en crue
Traversant des villes fumantes.

***

Un gemido molusco

Parece nada de importancia;
Mas de noche un gemido son las olas
De mármol encendido,
Corolas fatigadas
O lascivas columnas.

Un gemido no es nada; son los mares
Coronados de otoño
Ante la puerta seca, como cauce
Olvidado de todos,
Su dolor contra un muro.

Un grito acaso pueda ofrecer más encantos,
Con el manto escarlata,
Con el pecho escarlata.

Son los mares, los mares desbordados
Que atraviesan ciudades humeantes.
Mares escarlata

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Le rivage éternel (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Le rivage éternel

Au-dessus des bonsoirs du rivage éternel
le bon soir de l’adieu la nuit bonne éternelle
au-dessus des végétaux noircis dans l’ombre
des arbres et des herbes qui dorment et sombrent
dans la bonne nuit du rivage éternel
où seul s’accroche au rocher du désir un mollusque
au-dessus des bonsoirs du rivage éternel
l’homme accroché mollusque au rocher du désir
regarde la nuit qui vient et le jour qui la suit
dans l’éclair fugace et vain du rivage éternel
qui ne voit plus le jour et ne voit plus la nuit

(Raymond Queneau)

Illustration

 

 

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Buccin (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Buccin

Dans sa coquille vivant
Le mollusque ne parlait pas
Facilement à l’homme
Mort il raconte maintenant
Toute la mer à l’oreille de l’enfant
Qui s’en étonne
Qui s’en étonne

(Raymond Queneau)

Illustration: Edouard Boubat

 

 

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