Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bagarre’

BAGARRES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

BAGARRES

Je me bats le jour je me bats la nuit
batailles contre la mélancolie
cette vieille pieuvre toujours éveillée
qui me guette au coin des années
au coin des rues et des souvenirs
et lance son refrain mourir
alors que je veux vivre mille fois
que je veux aimer que je veux la joie
qu’il est temps enfin d’espérer
temps de croire temps de respirer

Je porte une flamme dans mon coeur
elle brûle c’est mon enfant ma soeur
c’est la vie qui sourit qui murmure
c’est le temps qui fuit pour que dure
le grand incendie toute la vie
sans remords sans mélancolie
dans l’univers qu’ont créé
les rêves et toute la vérité
seule vérité ma vérité lumière
pour aujourd’hui demain hier

(Philippe Soupault)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les caractères (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

caractèresl

Les caractères foulaient les vélins épais
qui freinaient tels des murs de prison
leur poussée vers des ciels sans encre

Coalition des a seigneuriaux
e à tout faire
w rares
qui en bagarres incertaines suscitaient
la débandade des mots

Et le cri de révolte :
« Ils sont inconscients de notre poésie
et nous ajoutent pour fabriquer la leur »

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bagarre (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

palmiers

Bagarre

La lune se cache
Le visage couvert de balafres
Derrière le palmiste irrité
Des chevaux de nuage
S’enfuient effrayés
Sous le fouet de la pluie

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le préau de l’école (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



 

préau

Le préau de l’école.
Les bagarres.
Ca continue.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

SONNET (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



SONNET

Malgré les sifflements stridents et les bagarres,
Et les cris grimaçants des freins et des essieux,
Et cette vapeur qui pénètre dans les yeux, —
Il te plaît, ô mon cœur, d’aller parmi les gares.

C’est là, mon pauvre cœur, c’est là que tu t’égares
Et que tu surprends les troubles de tant d’adieux
Que l’on veut comprimer et qui montent aux cieux
Dans l’encens fumeux des convois et des cigares.

Il te plaît d’assister au départ d’inconnus
Que tu vois aujourd’hui, que tu ne verras plus,
Et dont plus d’un a l’air farouche et magnanime.

Et puis ces femmes dans leurs tristes manteaux gris,
— Beautés chez qui tu sens des cœurs qui sont amis
Et de qui tu retiens le parfum anonyme.

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Claude Monet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ENFANCE (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

Daniel F. Gerhartz - )

ENFANCE

L’eau jaune
près de l’étable
est lointaine froide a priori

et là-bas telles des baguettes de tambour
ne connaissent pas de fin
les alphabets des enfants sauvages :

ô Brin de Paille, ô Copeau, Bout de Verre
ô Vents Linéaires des Scythes,
et telle une bagarre de Mi-Carême dans les caves
Papier, Papier, Papier

ô moussaillons des brins de paille
ô lettres mouillées au bout des doigts !

ICI ET MAINTENANT CELA BLESSE ON DIRAIT
MAIS MOI SEUL, ET NON VOUS !
BLESSE — A TRAVERS LES TABLEAUX ET LES ROBES
ET A TRAVERS LES GRIFFES DES OISEAUX !

Les sabots des vaches sont éclatants incroyables
quelque chose de l’entrée dans le golfe
quelque chose du bal,

et d’un seul coup comme des rails qui cognent
éclatants vastes implacables
les acolytes qui nous étreignent —
mains, soeurs, cous, mères !

nous nous déchaînerons de nouveau, nous nous déchaînerons
de nouveau nous nous endormirons et passerons
ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, ai-ai-ai-ain ! —

A TRAVERS LES CRIS DES ENFANTS,
A TRAVERS LES LETTRES MOUILLÉES,
A TRAVERS LES TABLEAUX ET LES ROBES
ET A TRAVERS LES GRIFFES DES OISEAUX !

(Aïgui)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Vie Par Procuration (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2016




La Vie Par Procuration

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision

Levée sans réveil
Avec le soleil
Sans bruit, sans angoisse
La journée se passe
Repasser, poussière
Y’a toujours à faire
Repas solitaires
En points de repère

La maison si nette
Qu’elle en est suspecte
Comme tous ces endroits
Où l’on ne vit pas
Les êtres ont cédé
Perdu la bagarre
Les choses ont gagné
C’est leur territoire

Le temps qui nous casse
Ne la change pas
Les vivants se fanent
Mais les ombres, pas
Tout va, tout fonctionne
Sans but, sans pourquoi
D’hiver en automne
Ni fièvre, ni froid

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision
Elle apprend dans la presse à scandale
La vie des autres qui s’étale

Mais finalement, de moins pire en banal
Elle finira par trouver ça normal
Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons

Des crèmes et des bains
Qui font la peau douce
Mais ça fait bien loin
Que personne ne la touche
Des mois, des années
Sans personne à aimer
Et jour après jour
L’oubli de l’amour

Ses rêves et désirs
Si sages et possibles
Sans cri, sans délire
Sans inadmissible
Sur dix ou vingt pages
De photos banales
Bilan sans mystère
D’années sans lumière

Elle met du vieux pain sur son balcon…

(Jean-Jacques Goldman)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VENT (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2015


 


 

Vincent Van Gogh [1280x768]

LE VENT

Le vent ne te brûlera. Jungles, déserts, cessez !
Voici la ville. Quel était ce secret longuement poursuivi ?
Là, tu trouveras le vin droit, la phrase franche.
Au port, ruissellent les voiliers, bagarrent les saumures.

Ah! s’asseoir aux terrasses des cafés des après-midi entières !
Les filles songent. Les garçons durcissent le tabac.
Au pays, ta mère est au jardin, ta soeur coud
A la croisée, parfois s’enflamment ses longues nattes.

Tant de force, de coeur, d’aventures féroces !
Mers ouvertes. Continents pris, abandonnés !
Pour quel secret ? Ecoute. Les platanes frémissent.
Prends ton chapeau. Avance. Enferme tes mains dans les miennes.
Tu ne seras jamais seul.

(Yves Martin)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Olona (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



 

Olona  2

L’Olona

L’aube regarde avec des yeux d’agnelle.
La lumière est blanche et fixe,
Pour qu’elle bouge il suffit que cette
Colombe tourne la tête.
Clarté prise dans le brou,
Voici que le chant du coq
Et le sang de sa crête
Mettent le feu et la bagarre.

***

L’Olona

L’alba guarda con occhi d’agnella.
La luce è bianca e fissa,
Basta a muoverla quella
Colomba in un giro di testa.
Chiarezza chiusa nel mallo,
A metter fuoco e rissa
Ecco il canto del gallo
E il sangue della cresta.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’aube regarde avec des yeux d’agnelle (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



L’aube regarde avec des yeux d’agnelle.
La lumière est blanche et fixe,
Pour qu’elle bouge il suffit que cette
Colombe tourne la tête.
Clarté prise dans le brou,
Voici que le chant du coq
Et le sang de sa crête
Mettent le feu et la bagarre.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :