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Poésie

Posts Tagged ‘housse’

Ta mort (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



 

Illustration: Claude Monet
    
Ce n’est pas au moment où elle tomba sur toi,
ta mort, qu’elle fut la mort, ni lorsqu’on
t’emporta, comme un paquet, hors de chez nous,
dans une housse grise dont le gris de la nuit,

lui-même fut troublé, non, ce n’est pas à ce
moment-là qu’elle fut la mort, mais bien après
ton départ, lorsqu’elle explosa dans la vie,
vivante dans la cuisine, en chaque ustensile

sorti d’un placard, sur la nappe débarrassée
de ses miettes, après les repas, vivante dans
le jour accroché aux rideaux, dans le jeu des

mésanges que rassemble le pin, vivante dans
le jardin où les rhododendrons se souviennent
des regards attendris que tu portais sur eux.

(Richard Rognet)

 

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Dans les méandres des saisons
Traduction:
Editions: Gallimard

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En avril (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
En avril

En avril sous les bourgeons roux,
Voici le bouvreuil aux cris doux,
Voici le merle et la mésange,
Que nul vent glacé ne dérange,
Pépiant au soleil nouveau,
Pendant que d’argent clair se frange
La berge noire des ruisseaux.

Voici le vert cendré des pousses;
Étalant de bleuâtres housses,
La mousse où fleurissent dorés,
Caressés du ciel azuré
Les coucous, où les anémones
Ouvrent leurs pétales nacrés
À l’abri vaporeux des aulnes.

Voici la flûte verte et glauque
Des grives et la plainte rauque
Des crapauds en amour montant,
Des vases molles de l’étang
Et qui, bourdonnante, dévide
Son rythme par les joncs humides
Que chauffe un soleil éclatant.

Voici les trembleuses fougères
Déroulant leurs crosses légères
Et les longs iris flexueux
Qu’agite le vol anguleux
Et fantasque des demoiselles
Effleurant leurs calices bleus
Du bout transparent de leurs ailes.

Ah! Viens, mon amour, je le veux,
Viens, dans la nuit des chemins creux
Parmi les fleurs en avalanches,
Mon coeur est un nid sous les branches;
Viens, comme un doux oiseau lassé,
Dans le nid tiède reposer
A l’ombre des épines blanches.

(Marie Dauguet)

 

 

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Dans la tête de l’homme qui a tout oublié (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



dans la tête de l’homme
qui a tout oublié
il y a un visage effrayant et secret
tourné du côté des choses
intérieures
et qui ne connaît pas la douceur de nos roses
dans la tête de l’homme
qui a tout oublié
où la folie a mis ses housses
dans la tête de l’homme
qui ne répond plus
aux questions qu’on lui pose
il y a
tout entier
celui qu’on n’ose
plus nommer

(Jacques Izoard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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