Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sarcelle’

Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



En ce soir d’automne,
La Pluie éclabousse les lotus flétris,
Et goutte à goutte jaillissent de véritables perles.
Passée l’averse, la lune se lève.
Le froid transit la rive où nichent les sarcelles.

Appuyée à la balustrade, au-dessus de l’étang elle se penche,
pauvre coeur solitaire.
Ah! comment supporter
Une telle détresse ?
De la cage dorée elle s’est approchée:
«Redis-moi, perroquet, les mots de mon aimé.»

(Liu Yong)


Illustration: Giovanni Battista Tiepolo

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Laisse le bleu (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Laisse le bleu regagne
le bleu l’étang une à une
sarcelles poules d’eau
silence
cette part de nous qui passe
en cercles de joie dans la lumière

(Claude Adelen)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Promenade sentimentale (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 



Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars, entre les roseaux,
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi, j’errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l’étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j’errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l’épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ces ondes blêmes
Et des nénuphars, parmi les roseaux,
Des grands nénuphars sur les calmes eaux.

(Verlaine)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 8 Comments »

RÊVEUSE au bord de l’eau (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2016



RÊVEUSE au bord de l’eau
Tendrement soucieuse,
Entends chanter l’yeuse,
L’ajonc et le bouleau;

Admire le tableau
Naïf où la macreuse,
La sarcelle amoureuse
Parlent du renouveau;

Pénètre-toi du charme,
Sens monter une larme
Qui viendrait de ton coeur
À ce printemps qui muse,
Joie éparse et langueur :
Souris, petite muse.

(Paul Verlaine)

Illustration: James Jacques Joseph Tissot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma soeur, il se fait tard (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2016




Ma soeur, il se fait tard. Le jour devient timide.
La colline rosit, au loin… L’herbe est humide.

Ecoute… Les bouviers sur les pas des troupeaux
Troublent de leurs appels la sente et les coteaux.

Le lac prochain s’endort. Les sarcelles s’envolent.
Sur les roseaux pensifs, comme autant de corolles,

Les blancs oiseaux des Dieux songent avec ferveur…
Il se fait tard, ma soeur. La nuit et sa faveur

Nous ramènent bientôt aux soins de nos mystères.
C’est l’heure… Descendant aux jardins de la terre,

Les mânes protecteurs, les Esprits et les Morts
Viennent de leurs enfants apaiser les remords,

Exaucer des mortels les voeux et les offrandes,
Et sur nos mains verser des grâces odorantes.

Que le vent nous libère et chasse les hiboux
De l’ombre inviolée et chaste des bambous !

Mais déjà l’arc-en-ciel empourpre la savane
D’une splendeur au ton mystique et diaphane.

De la lune alahmade invoquant le flambeau,
Allons prier, ma soeur, prier sur les tombeaux…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Géraldine Potron

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Les enfants lisent (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2015



 

classe 199

Les enfants lisent, troupe blonde ;
Ils épellent, je les entends ;
Et le maître d’école gronde
Dans la lumière du printemps

J’aperçois l’école entrouverte ;
Et je rôde au bord des marais ;
Toute la grande saison verte
Frissonne au loin dans les forêts.

Tout rit, tout chante ; c’est la fête
De l’infini que nous voyons ;
La beauté des fleurs semble faite
Avec la candeur des rayons.

J’épelle aussi moi ; je me penche
Sur l’immense livre joyeux ;
O champs, quel vers que la pervenche !
Quelle strophe que l’aigle, ô cieux !

Mais, mystère ! rien n’est sans tache.
Rien ! — Qui peut dire par quels noeuds
La végétation rattache
Le lys chaste au chardon hargneux ?

Tandis que là-bas siffle un merle,
La sarcelle, des roseaux plats,
Sort, ayant au bec une perle ;
Cette perle agonise, hélas !

C’est le poisson qui, tout à l’heure,
Poursuivait l’aragne, courant
Sur sa bleue et vague demeure,
Sinistre monde transparent.

Un coup de fusil dans la haie,
Abois d’un chien ; c’est le chasseur.
Et, pensif, je sens une plaie
Parmi toute cette douceur.

Et, sous l’herbe pressant la fange,
Triste passant de ce beau lieu,
Je songe au mal, énigme étrange,
Faute d’orthographe de Dieu.

(Victor Hugo)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :