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Poésie

Posts Tagged ‘vainement’

STYLE SIMPLE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



STYLE SIMPLE

Tel un coeur déchu,
Un ciel d’automne,
Lourd,
Retarde
Les espérances
D’hier…
Et des feuilles,
Années envolées
Par le monde,
Vainement…
Nous n’attendons
Avec l’hiver
Qui vient,
Que la neige…

(George Bacovia)

Illustration: Egon Schiele

 

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CHANSON ANDALOUSE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Cayetano De Arquer-Buigas b39dd4b8

CHANSON ANDALOUSE

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

Vainement tu vas, tu viens :
Je ferme ma porte à clef.

Avec une clef d’argent
attachée à un ruban;

Sur le ruban est écrit :
« Mon petit coeur est bien loin !

Ne rôde pas dans ma rue,
Laisse-la bien toute au vent.

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

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LA FIN (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
LA FIN

Au bout de l’effort immense,
Me voici vainement
Arbre tempétueux

Inhabile mortel appliqué,
Plus ignorant que le plus humble des miens,

Plus ancien…

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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La couleur de la fleur (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



La couleur de la fleur
S’est évanouie,
Tandis que je contemplais
Vainement
Le passage de ma personne en ce monde.

(Ono no Komachi)


Illustration: Hokusaï

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Je me souviens du soir où je t’ai vainement attendue (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je me souviens du soir où je t’ai vainement
Attendue en un parc aux pensives allées
Dont les arbres pleuraient leurs feuilles en allées
Et miraient leur douleur dans le bassin dormant.

O soir mélancolique ! Une église était proche
Avec son cadran d’or énigmatique et noir;
J’écoutais dans le parc agrandi par le soir
Ruisseler sur les toits les larmes de la cloche.

Et j’entendais venir les psaumes du jubé
Comme un je ne sais quoi de très vague qui pleure.
Tout en songeant, perdu dans la fuite de l’heure,
Que tu ne viendrais plus après le soir tombé !

Tout à coup un soupçon de trahisons prochaines
Me fit sentir au coeur comme un rêve noyé,
Pendant que le clocher, d’un chant apitoyé,
Racontait ma détresse aux paroisses lointaines !

Et ce fut à travers notre amour commençant
Toute une impression d’automne et de veuvage,
De barque naufragée échouant au rivage,
De salon attristé par un portrait d’absent…

Je te croyais déjà sacrilège et parjure !
Et, pour s’harmoniser avec mon deuil poignant,
Voilà que le jet d’eau s’égoutta tout saignant
Et rouge, au fond du parc, comme un sang de blessure.

Et voilà qu’aux lueurs du soir pacifié,
Le soir calme où passait une douceur magique,
Le cadran, lui aussi, prit un aspect tragique :
On eût dit un soleil cloué, crucifié !

Et ses aiguilles d’or, comme des bras funèbres,
Comme des bras raidis dans des convulsions,
S’étirant, s’allongeant au milieu des rayons,
Allèrent dans le ciel attaquer les ténèbres !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Edvard Munch

 

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Chant d’amour du prince Magari (Magari)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

femme asiatique

Chant d’amour du prince Magari

Dans le pays des huit îles
Je cherchais vainement une femme
Lorsque dans Kasuga
Au ciel printanier
J’appris qu’il était
Une jolie fille,
J’appris qu’il était
Une fille accomplie.
Je poussai et ouvris
La porte de planches de cyprès
Au bois magnifique.
Et j’entrai.
Je la pris par les pieds,
Je pris mon épouse.
Je la pris par la tête.
Je pris mon épouse.
Alors les bras de mon aimée
S’enroulèrent autour de moi
Mes bras aussi
Entourèrent ma bien-aimée.
De nos bras comme des lianes
S’enlaçant nous nous unîmes
Nous dormîmes délicieusement
Jusqu’à ce que le coq
chantât dans la cour!
« C’est un oiseau dans la lande
Un faisan qui chante! »
Avant que j’aie pu dire
Tout ce que je voulais de tendre,
Le jour était arrivé… O bien-aimée!

(Magari)

 

 

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Le grain de blé nourrit (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Le grain de blé nourrit

Le grain de blé nourrit et l’homme et les corbeaux.
L’arbre palladien produit la douce olive,
Et le triste cyprès, debout sur les tombeaux,
Balance vainement une cime plaintive.

Hélas! N’as-tu point vu ta plus chère amitié
Etaler à tes yeux la face du vulgaire ?
Tu ne sais pas languir et souffrir à moitié:
Quand tu reprends ton coeur, c’est qu’il n’en reste guère.

Que ce soit dans la ville ou près des flots amers,
Au fond de la forêt ou sur le mont sinistre,
Va, pars et meurs tout seul en récitant des vers:
Ce sont troupeaux encor les cygnes du Caystre.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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LE GROS RAT (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
LE GROS RAT
Sao-Nan

Gros rat ! Énorme rat !
Ne ronge pas tout mon grain, rat cruel et dévorateur !

Depuis trois ans je subis la férocité de tes dents aiguës,
et j’ai vainement tenté de t’adoucir par des supplications.

Mais enfin je partirai, et je te fuirai,
et j’irai me bâtir une maison dans un pays lointain.

Dans un pays lointain et heureux,
où les remords ne sont pas éternels !

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA FEMME (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
LA FEMME

Je poserai dans le panier les fruits du temps.
Prends garde à ceux qui ont roulé dans l’herbe :
Ce sont les plus chargés du sucre de nos joies.
Voici l’hiver aux arbres vides.

Ton sourire éclaire aux fenêtres
La tambourinade grise des pluies.
Tu regardes qui vient, la vallée sombre,
La ligne de cyprès qui dodelinent.

Tes mains ont charge d’éternel
Pour des paroles qui rassurent.
Ô joie que tu fais paraître, paisible,
quand la nature se confie.

Entends les pensées qui dérivent,
Les rêves. Que sais-tu de la nuit,
Parle, dis-moi, que sais-tu de la nuit ?
J’ai veillé jusqu’ici vainement,
Comme dehors l’hiver, la page est vide.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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VOYAGEUSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: John William Waterhouse
    
VOYAGEUSE

Nous sommes nés de la douceur. Notre pays
N’appelle pas la mort du chant de ses oiseaux.
Même le sable était tranquille sur les allées,
Comme nous parcourions les roseraies, le long de la rivière.
Le soleil caressait nos cheveux et les feuilles.
Quelle ombre a visité le jour du chêne, quel automne
A jeté sur le dallage ces chevauchées de feuilles cramoisies ?

Souviens-toi, semble dire
La source qui reproche faiblement. Souviens-toi, dit encore
Caché dans la nuit d’arbre, le rossignol de l’ancienne folie
Qui a brisé l’ordonnance du monde et divisé ton coeur.
Tu n’aimeras qu’au prix de douleurs infinies. Tes mains
Se fermeront vainement sur les objets du monde,
Sur l’eau qui t’abandonne, le jour qui t’aimait
Sera comme une nuit.

En vain l’enfant du square pousse un cerceau d’or,
Jason

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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