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Poésie

Posts Tagged ‘assoiffée’

Marais salants (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Marais salants

Terre aride
et sèche
pleine de crevasses

Terre désséchée
terre altérée
terre assoiffée

Terre gorgée de sel
tu souffres le martyre
sous ce soleil de plomb

Tu saignes
terre à chardons
et à coquelicots

(Paul Louis Rossi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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La lumière que je sens inonder mon cœur quand je te vois (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



 

La lumière que je sens
inonder mon cœur quand je te vois,
ne serait-elle une goutte de la lumière
procréée au tout premier jour
par cette autre lumière si profondément assoiffée de vie ?

Le néant gisait à l’agonie,
errant au gré des ténèbres, lorsque, tout à coup,
l’Inconnaissable fit signe :
« Que la lumière soit ! »

Un océan
et un grand tourbillon de lumière
prirent corps au même moment :
il sévissait une soif de péchés, de désirs, d’élans et de passions,
toute une soif de vie et de soleil.

Mais qu’est devenue cette aveuglante
lumière de l’époque – qui peut savoir ?

La lumière que je sens inonder
mon cœur quand je te vois – ô, sublime,
n’est peut-être que la dernière goutte
de la lumière procréée au tout premier jour.

(Lucian Blaga)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

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Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016




Le potier

Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait, comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)

Illustration: Annabelle Delaigue que j’ai confondu avec sa tante (mille excuses) mais TOUTE AUSSI DOUEE:

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
Son Journal d’Atelier

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Comment le mot s’est-il fait chair pour toi (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2016



Je répète les mots inexacts
les mots impuissants
les mots injustes
les mots de miel qui blessent l’oreille
les mots d’amour qui embrasent la haine
les mots durs et creux
désespérément creux comme
la tête et comme l’âme
comme la main tendue dans un geste de grâce
comme la main qui tient la dernière goutte d’eau
et qui s’étonne de
ses rides plus assoiffées que la gorge.
Mon Dieu, comment le mot
s’est-il fait chair pour toi?

(Ali Hamouda)

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Ensorcelée (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Ensorcelée

Quand tu es loin, mon âme est affamée, sauvagement.
Quand tu es là, je languis tout autant-
désemparée, je vois,
figée, fermée,
comme fuit la minute,
vide et stérile.

En secret j’ai voulu boire le subtil parfum de fleurs
royal et fier, de ton être, un vin sacré-
mais me voici, appesantie
comme en songe
assoiffée comme Tantale
dans les torrents limpides.

Aux heures de solitude ma langue a brûlé
de te dire les beautés que j’ai rêvées, que j’ai senties –
mais en ta présence
ma pensée sommeille,
ma porte est close
et mon coeur s’engourdit.

(Karin Boye)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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Le Jardin de la Présence (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016




Le Jardin de la Présence

La Présence est lente
Elle a besoin du moment infini
Pour abolir les contours du temps
Les prisons de l’espace.
Elle a besoin de creuser la seconde
Pour entrer dans une action simple:
Arroser la plante assoiffée,
Cirer longuement la table, et la polir
Jusqu’à son ultime étincellement.
La Présence est comme une voleuse
Qui se glisse par effraction
Dans le geste le plus humble,
Dans la vision la plus modeste
D’un regard quotidien.
Elle habite pourtant
Depuis l’aube du monde
Chaque cellule vivante
Et se nourrit à chaque instant
De l’existence ordinaire.
Elle brille secrètement
D’une lumière si intense
Que nul ne pourrait s’en saisir
Et en faire une croyance.
Comme un vol d’oiseau
Qui s’enivre de liberté
Elle échappe à la forme
Et la contient toute entière
Elle dissout les vérités
Lorsqu’elles se figent
Et n’est jamais prisonnière.
Mais si le coeur a fleuri
Au soleil de la Présence
Plus rien ne peut l’atteindre
Si ce n’est la joie
Transparente et nue
Qui jaillit de la source
Et danse pour le rien ou le rire
Ou même pour l’illusion
Qui fait croire à la vie.

(Marianne Dubois)

son site ici

Illustration: Josephine Wall

 

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Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? … (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -   (7) [1280x768]

Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? suis-je un homme ivre ?
un interprète des songes ? une cloche de minuit ?

Une goutte de rosée ? une vapeur et un parfum de l’éternité !
Ne l’entendez-vous pas ?
Ne le sentez-vous pas ?
Mon monde vient de s’accomplir, minuit c’est aussi midi.

La douleur est aussi une joie,
la malédiction est aussi une bénédiction,
la nuit est aussi un soleil,
— éloignez-vous,
ou bien l’on vous enseignera qu’un sage est aussi un fou.

Avez-vous jamais approuvé une joie ?
Ô mes amis, alors vous avez aussi approuvé toutes les douleurs.
Toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses, —

— vouliez-vous jamais qu’une même fois revienne deux fois ?
Avez-vous jamais dit :
« Tu me plais, bonheur ! moment ! clin d’œil ! »
C’est ainsi que vous voudriez que tout revienne !

— tout de nouveau, tout éternellement,
tout enchaîné, enchevêtré, amoureux,
ô c’est ainsi que vous avez aimé le monde, —

— vous qui êtes éternels, vous l’aimez éternellement et toujours :
et vous dites aussi à la douleur : passe, mais reviens :
CAR TOUTE JOIE VEUT — L’ÉTERNITÉ !

Toute joie veut l’éternité de toutes choses,
elle veut du miel, du levain,
une heure de minuit pleine d’ivresse,
elle veut des tombes,
elle veut la consolation des larmes versées sur les tombes,
elle veut le couchant doré —

— que ne veut-elle pas, la joie !
elle est plus assoiffée, plus cordiale, plus affamée,
plus épouvantable, plus secrète que toute douleur,
elle se veut elle même, elle se mord elle-même,
la volonté de l’anneau lutte en elle, —

— elle veut de l’amour, elle veut de la haine,
elle est dans l’abondance, elle donne,
elle jette loin d’elle,
elle mendie pour que quelqu’un veuille la prendre,
elle remercie celui qui la prend.
Elle aimerait être haïe, —

— la joie est tellement riche
qu’elle a soif de douleur, d’enfer, de haine, de honte,
de ce qui est estropié, soif du monde, —
car ce monde, oh vous le connaissez !

Ô hommes supérieurs, c’est après vous qu’elle languit,
la joie, l’effrénée, la bienheureuse,
— elle languit, après votre douleur, vous qui êtes manqués !
Toute joie éternelle languit après les choses manquées.

Car toute joie se veut elle-même, c’est pourquoi elle veut la peine !
Ô bonheur, ô douleur ! Oh brise-toi, cœur !
Hommes supérieurs, apprenez-le donc, la joie veut l’éternité,

— la joie veut l’éternité de toutes choses,
VEUT LA PROFONDE ÉTERNITÉ !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Didier Delamonica

 

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Le Vent (Paul Henri Lezac)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2015


vent

J’aime le vent qui va, dissipant les nuages
On le dit vent des fous et parfois vent des sages
A la terre assoiffée il dispense la pluie
En nuées chargées d’eau, nuées couleur de suie

J’aime aussi quand le vent qui joue dans tes cheveux
Emporte au loin les perles de ton rire heureux
Frise le duvet de ta nuque parfumée
Caresse de son aile ta joue satinée

J’aime le vent venu de ces terres lointaines
Ayant survolé bois et montagnes et plaines,
Souffle chargé d’épices, de parfums, d’odeurs
Messager de l’amour et de rêves d’ailleurs

(Paul Henri Lezac)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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La terre assoiffée d’humus (Gilles Simonnet)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015




La terre assoiffée d’humus
lorgne les hommes du coin de l’oeil.

(Gilles Simonnet)

Illustration: Josephine Wall

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Passage du Temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2015



Passage du Temps

Dans les bras du silence
Les toits bleuissent
Une aube indécise
Verse un air liquide
Sur la forêt assoiffée
A l’horizon le ciel épouse la terre
Dans un jour fait d’insectes et de fleurs

L’arbre dort encore
Les oiseaux le secouent
Pour le réveiller
Et en faire tomber
Des cerises à peine mûres

Le vent rampe à ras du sol
Tout mon être tressaille
Quand le matin étire
Ses bras nus caressés de soleil

Il circule des prémisses d’azur
Au flanc d’un nuage
Des couleurs tourbillonnent
Dans le flou au bout de la route
Où la colline déploie des clairs et des sombres

La mousse tourne autour des troncs
Et les brumes s’effilochent
A la pointe des branches

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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