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Posts Tagged ‘agate’

La mort (Philippe Granier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


>André Mantegna - Le Christ Mort, 1480-1490 La mort
absurde
(la mort)
comme un gel
comme une agate
éclatée
dans tes yeux la mort
changée en larme de sel
une vie s’est arrêtée
net
et au travers
je t’aime
plus de mots à trouver
que les sanglots
la nuit glacée
le silence
de nos bras
nos coeurs gros
la présence
ouvert et sans arme
je reste là
contre toi
comme un gaz
comme une braise
comme étonné dans l’air
les mots ne boivent pas les larmes

(Philippe Granier)

Illustration: Andrea Mantegna

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La fulgurante nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


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Nus nous sommes
Pourtant par nous
passent les métamorphoses
Gemmes de grenade
Rubis de paon
Agates et améthystes
de dix mille aurores…
Car nous étions seuls
à avoir dévisage
La fulgurante nuit

A l’instant où la lumière fut

(François Cheng)

Illustration

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Quelle est la couleur du joyau ? (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



agate

Hommage aux anges
[13]

« Quelle est la couleur du joyau ? »
blanc-vert, opalescent,

avec sous-couche de bleu changeant,
avec veine rose ; une agate blanche

avec un pouls incalmé qui bat encore,
vague bleu-violet ;

il vit, respire,
il répand — fragrance ?

j’ignore ce qu’il dégage,
une vibration que nous ne pouvons nommer

car elle n’a pas de nom ;
mon patron a dit : « nomme-la » ;

j’ai dit, je ne peux pas la nommer,
il n’y a pas de nom ;

il a dit:
« invente-le ».

[14]

Je ne peux pas l’inventer,
j’ai dit que c’était agate,

j’ai dit qu’il vivait, qu’il donnait —
fragrance — j’étais assez proche

pour expliquer cette qualité
pour laquelle il n’est pas de nom ;

je ne veux pas le nommer,
je veux regarder sa vague

pulsation, battement de coeur
quand il frémit, je ne veux pas

en parler,
je veux minimiser la pensée,

me concentrer sur lui
jusqu’à rétrécir,

dématérialiser
et être entraînée en lui.

***

« What is the jewel colour? »
green-white, opalescent,

with under-layer of changing blue,
with rose-vein; a white agate

with a pulse uncooled that beats yet,
faint blue-violet;

it lives, it breathes,
it gives off—fragrance?

I do not know what it gives,
a vibration that we can not name

for there is no name for it;
my patron said, « name it »;

I said, I can not name it,
there is no name;

he said,
« invent it ».

I can not invent it,
I said it was agate,

I said, it lived, it gave
fragrance—was near enough

to explain that quality
for which there is no name;

I do not want to name it,
I want to watch its faint

heart-beat, pulse-beat
as it quivers, I do not want

to talk about it,
I want to minimize thought,

concentrate on it
till I shrink,

dematerialize
and am drawn into it.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Nus nous sommes (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Nus nous sommes
Pourtant par nous
passent les métamorphoses
Gemmes de grenade
Rubis de paon
Agates et améthystes
de dix mille aurores…
Car nous étions seuls
à avoir dévisagé
La fulgurante nuit

À l’instant où la lumière fut

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Ô Coeur (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



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Les murs ne tombent pas
[28]

Ô Coeur, petite urne
de porphyre, agate, ou cornaline,

imperceptiblement est tombée la graine,
entre un battement de coeur de plaisir

et un battement de coeur de peine ;
j’ignore comment elle est arrivée

ni combien de temps elle est restée là,
ni ne puis dire

comment elle a échappé à la tempête
de passion et de malveillance,

ni pourquoi elle n’a pas été emportée
dans un torrent de chagrin,

ou flétrie dans la morne sécheresse
de la pensée amère.

***

O Heart, small urn
of porphyry, agate or cornelian,

how imperceptibly the grain fell
between a heart-beat of pleasure

and a heart-beat of pain;
I do not know how it came

nor how long it had lain there,
nor can I say

how it escaped tempest
of passion and malice,

nor why it was not washed away
in flood of sorrow,

or dried up in the bleak drought
of bitter thought.

(Hilda Doolittle)

 

 

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AGATES NOIRES (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton   claire-de-lune-1895

AGATES NOIRES

Comme on est porté au coeur du silence
dans la profondeur de ce ravin
de la nuit pâle, comme l’est la lune
luisant aux grisailles du soir.

Comme se perd l’âme
dans des filets vagues
bercés bord sur bord,
pour la caresser.

Comme feuillets lus,
les papillons blancs cernés d’or
sur des touffes de centaurées
dansent d’une aile fine.

Crissement de soie
noyée de dentelles —
passe un vent léger
étoilé de perles
au long de ma vitre.

Dans ma tête monte
un très vieux parfum
de sein radieux
sur lequel dormait
l’iris d’un bras frêle.

Les yeux fermés, coques de fer,
distribuent leur graine menue
aux yeux d’autrefois.
Et vers le ciel ces tristes arbres :

les voici, les sombres navires
chargés d’un lest mystérieux…

(Tudor Arghezi)

Illustration: Félix Vallotton

 

 

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L’arbre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



L’arbre le voici dans la pierre pure,
dans l’évidence et la dure beauté
bâtie pour cent millions d’années.

Agate, cornaline et luminaire
ont remplacé les sèves et le bois
et un jour le tronc du géant
a rejeté l’humide pourriture
et fondu en lui parallèle une statue:
le feuillage vivant
s’est dispersé
et une fois tombée la verticalité,
et brûlée la forêt, la poussière de feu,
cendre céleste, l’a enveloppé
jusqu’au moment où temps et lave lui ont remis
un prix de pierre transparente.

(Pablo Neruda)


Illustration

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LIVIA (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2015



LIVIA

Sous la porte du vide
une horloge fausse
ronge le temps
stoppé

d’où vient ce nom
inscrit au fond des tasses
est-ce une pluie
sur les frontières
une enclave du désir
où vient roder
l’enfance
un cadran
attisant
le feu sur la montagne
une sibylle sourde
qu’un rien
souffle
et disperse

j’habite une gare
dont les trains ne partent plus
un visage
dont le regard m’est absent
une rivière
qui n’a plus cours ni rêve

Face
coupée en deux
comme un écho

visage
d’agate
gravée dans l’eau

nul ne sait
si ton regard brûle
ou se tait

si ta main rôde
ou refuse
l’ombre pourpre du désert

(Jean-Dominique Rey)

 

 

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La tomate (Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2015



La tomate

Sensuelle tomate
Le rouge de mon sang
Est pur comme l’agate
De vos rougissements

(Calaferte)

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Conte d’amour VIII (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour VIII

Ne ternis pas de pleurs les mystiques prunelles
De tes grands yeux navrés, striés d’or et d’agate ;
Laisse-la t’emporter, la berceuse frégate,
Par les immensités des vagues solennelles.

Triste, je rêverai, pendant mes nuits moroses,
De baisers alanguis et de caresses brusques,
De nids capitonnés où des coupes étrusques
S’exhalent les ennuis des chlorotiques roses.

Et l’absence irritant le désir qu’elle rive,
Ma passion tenace où le souvenir veille
Montera dans mon coeur, débordante et pareille
Aux fluviales eaux qui grondent sur la rive.

(Jean Moréas)

 

 

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