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Poésie

Posts Tagged ‘réuni’

James Joyce (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019


 


 

James Joyce

Dans un jour de l’homme sont réunis
les jours du temps, depuis l’inconcevable
jour initial où un Dieu effroyable
fixa d’avance jours et agonies,
jusqu’au jour où le fleuve omniprésent
du temps humain revivra sa naissance,
l’Éternel, et mourra dans le présent,
l’hier, le futur, et dans mon existence.
Entre l’aube et la mort, il y a l’histoire
universelle de la nuit, je peux
voir à mes pieds les chemins de l’Hébreu,
Carthage annihilée, Enfer et Gloire.
Accorde-moi, seigneur, joie, force, amour,
pour affronter la cime de ce jour.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Cette souple armure (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Dongmin Lai reclining-nude-ii

Ne dites pas de soie cette souple armure
où la femme semble se couler comme ruisseaux réunis par amitié de muscles longs,
entre deux langues d’herbe verte.

(Salah Stétié)

Illustration: Dongmin Lai

 

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Bonne nuit (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Georgy Kurasov 32

Bonne nuit, nos ennuis s’évanouissent lorsque glissent nos pas réunis
Pas à pas, tous les papillons tristes, sur la piste, ne reviennent pas
Tour à tour, les détours, les figures ont l’allure des gestes d’amour

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Bras ballants, se balancent nos hanches
Carte blanche pour tous nos élans
Entre nous, nos genoux se chuchotent
Et complotent d’autres rendez-vous

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Que ma joue à ta joue s’harmonise et se grisent nos souffles qui jouent
En chemin, nos deux mains se sont jointes
Nos étreintes commencent demain
Tour а tour les détours, les figures ont l’allure des gestes d’amour

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Bonne nuit, nos ennuis s’évanouissent lorsque glissent nos pas réunis

(Guy Béart)

Illustration: Georgy Kurasov

 

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APPAREIL DE LA TERRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration
    
APPAREIL DE LA TERRE

Les fondations
pleines de bêtes
de la maison du bord de route
font résister ses murs loyaux
poulaillers, clapiers
ruches pleines ou veuves
s’étendent au fond des horizons
amis, ennemis et des indifférents
égarés, réunis par leurs pas
retrouvent détours feuillus
raccourcis de prudence
carrefours à l’herbe haute
et parfois cherchent au grand soleil
la bravoure.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’instinct du suicide (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



L’instinct du suicide

En forme d’oeuf, je me replie. 0 cils,
Refermez-vous sur ces fleuves opaques.
Et vous, mes bras, ne soyez que nervures
Dans une feuille et rien de plus, une ombre
Sur mes genoux délivrés, délivrés.

Le soleil fixe a partagé mes jours.
Ici l’attente, ici les vieux regrets.
S’il se pouvait qu’un vieil oeuf me recouvre,
Je dormirais parmi l’onde et les lys.

Je serais terre et porterais l’oronge
Et les poisons à l’odeur animale.
On brouterait mes paupières, ma bouche
Et je vivrais de leurs déchirements.

Oiseau, cheval devenus pourritures
Sont réunis dans la grâce d’un mot
Plus noble encore. O ma dalle funèbre,
Laissez passer la tendre mouche bleue.
Elle sera demain l’unique amour.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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LE JARDIN DE GRIGNON (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

chat 5 [1280x768]

LE JARDIN DE GRIGNON

Pour atteindre le ciel
A travers ce feuillage
Il faut que tous les yeux
Se soient réunis là

Je dis les yeux d’enfants
Pareils à des pervenches
Ou à ces billes bleues
Qui roulent sur la mer

On va dans les allées
Comme au milieu d’un rêve
Tant la grand-mère a mis
De grâce dans les fleurs

Et le chat noir et blanc
Qui veille sur les roses
Songe au petit oiseau
Qui viendrait jusqu’à lui

C’est un jardin de fées
Ouvert sur la mémoire
Avec des papillons
Épinglés sur son coeur.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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Je ne t’avais pas promis (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Alexandre Pavlenko  (15) [1280x768]

Je ne t’avais pas promis

Je ne t´avais pas promis
De te rencontrer un jour
Par hasard ou par envie,
Simplement, d´un peu d´amour

Je ne t´avais pas promis
Qu´ensemble nous dormirions,
Un peu plus que des amis
Un peu moins qu´une passion

Et pourtant, jour après nuit
Tu deviens plus familière
Quand tu es loin, je m´ennuie
Quand tu es là, tout s´éclaire

Je ne t´avais pas promis
De rêver les yeux ouverts
Devant ton corps endormi
Qui semblait encore offert

Je ne t´avais pas promis
De te dire un jour « Je t´aime »
Et lorsque je te l´ai dit
J´en étais surpris moi-même

Et pourtant…

Tu ne m´avais pas promis
La volupté, la tendresse
Que l´amour a réuni
Beaucoup mieux qu´une promesse

(Georges Moustaki)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

 

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Les Quatre Vents (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Les Quatre Vents

Les quatre Vents se sont réunis sous mon toit.
Voici le Vent du Nord revêtu de blanc froid…
Voici le Vent du Sud portant les odeurs chaudes
Et toi, Vent de l’Ouest, qui pleures et qui rôdes !…

Te voici, Vent de l’Est amer et bienfaisant,
Toi dont les larges cris font trembler les coeurs lâches,
Toi qui grondes, toi qui domines, qui te fâches,
Toi qui donnes la force et la gloire du sang !

Vous voici réunis, ô quatre Vents que j’aime !
Et vous chantez, et vous criez tous réunis
Avec la joie et le désespoir infinis
Que ressent le poète en face du poème.

Tous vous obéissez au signe de mon doigt.
Mais, ô Vent de l’Ouest, qui rôdes et qui pleures,
C’est vers toi que s’en vont les songes de mes heures !…
Les quatre Vents se sont réunis sous mon toit.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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La pluie venue du mont Ki-chan (Song Zhiwen)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



La pluie, venue du mont Ki-chan,
Avait passé rapidement avec le vent impétueux.

Le soleil se montrait pur et radieux,
au-dessus du pic occidental,
Les arbres de la vallée du Midi
semblaient plus verdoyants et plus touffus.

Je me dirigeai vers la demeure sainte,
Où j’eus le bonheur qu’un bonze vénérable
me fit un accueil bienveillant.

Je suis entré profondément
dans les principes de la raison sublime,
Et j’ai brisé le lien
des préoccupations terrestres.

Le religieux et moi
nous nous sommes unis dans une même pensée ;
Nous avions épuisé ce que la parole peut rendre,
et nous demeurions silencieux.

Je regardais les fleurs immobiles comme nous ;
J’écoutais les oiseaux suspendus dans l’espace,
et je comprenais la grande vérité.

(Song Zhiwen)

 

 

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Le poète prend congé d’un ami (Chen Zi’ang)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



Le poète prend congé d’un ami

La lampe d’argent laisse échapper sa fumée bleue,
Des vases d’or étincellent sur une table servie magnifiquement ;
Ne pensons qu’à l’accord harmonieux de nos luths
tandis que nous sommes réunis dans cette charmante demeure ;

Je ne veux songer aux routes qui m’attendent
qu’à l’heure où il faudra nous séparer.
Quand cette lune brillante
aura disparu derrière les grands arbres,
Quand les premières lueurs du jour
effaceront la blanche clarté du fleuve céleste,

Alors il sera temps de s’acheminer
vers le lointain pays de Lo-yang ;
Mais ces doux instants passés ensemble,
hélas ! quand pourrons-nous les retrouver ?

(Chen Zi’ang)

 

 

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