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Posts Tagged ‘tonnelle’

LES DEUX ROSES (Joséphin Soulary)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Casey Baugh 1984 - Georgian Figurative painter - Tutt'Art@ (2)

LES DEUX ROSES

Hier, sous la verte tonnelle
J’aperçus Rose qui pleurait,
Et, pleurant, de larmes couvrait
Une rose, moins rose qu’elle.

« Qui peut te causer un tel regret?
Dis-je à la blonde colombelle.
– Ah! Monsieur, répondit la belle,
Entre nous, c’est un grand secret!

« Je passais là, lorsqu’une rose,
Celle-là que de pleurs j’arrose,
M’a dit de sa plus douce voix:

« Rose ouverte plus ne se ferme! »
Et mon coeur qui s’ouvre, je crois,
Au petit pâtre de la ferme! »

(Joséphin Soulary)

Illustration: Casey Baugh

 

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Temps passé et Temps futur (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (89)

Temps passé et Temps futur
Permettent à peine d’être conscient.
Être conscient, ce n’est pas être inscrit dans le temps.
Et pourtant
Et pourtant, c’est seulement á l’intérieur
du temps que le moment dans le jardin des roses
Que le moment sous la tonnelle où battait la pluie
Que le moment dans l’église où soufflait le vent et où retombait la fumée
Peuvent être remémorés; enchevêtrés dans le passé et le futur.
C’est seulement dans le temps que peut être conquis le temps.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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ROSE SANS NOM (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




ROSE SANS NOM

QUELQUE JOUR, quelque part
Toujours j’espérais retrouver
La rose dont les touffes de fleurs aux
Pétales de nacre
Montaient au rebord de ma première fenêtre.
Ma mère ne connaissait pas son nom.

Quelque part, quelque jour
Cet arbre florissant, dont les boutons, chauds de soleil
Ouvraient, leur tige brillante d’or, sur le mur
Des coeurs de suaves petites roses
Dont les pétales tombaient trop vite
J’espérais le retrouver,

Mais dans aucun catalogue, aucun jardin visité
La rose sans nom de ma mère, jusqu’à ce que
Aujourd’hui en Italie, où l’été
À foison s’épanouit,
Contre un mur en ruine je découvrisse
Une tonnelle, et n’osai pas

Regarder de trop près, craignant de trouver
En cette rose aussi une inconnue, cependant
Quand je m’approchai, chaque pétale de nacre
Se glissa au lieu du souvenir:
« Regarde, nous voici », me dirent-ils, « alors
Est de nouveau maintenant ». Peu s’en fallut

Que je ne les croie, car ils étaient les mêmes
Qu’en ces étés d’enfance passés,
Ces pétales fanés recommencés ;
Mais pas moi, car les années entre-temps,
Les larmes et la désunion, le chagrin de ma mère
Aucune fleur ne pouvait le consoler, ni le mien maintenant.

***

NAMELESS ROSE

SOMETIME, some where
Always I hoped to find again
The rose whose trusses of pearl-
Shell-petalled flowers
Climbed to my first window-sill.
My mother did not know its name.

Some where, some time
That flourishing tree, whose buds, sun-warm
Opened gold-stemmed on the wall
Centres of sweet small roses
Whose petals fell too soon
I hoped to find,

But in no catalogue, no visited garden
My mother’s nameless rose, until
Today in Italy, where summer
In multitude is blooming,
By a ruined wall I came
Upon a bower, and did not dare

To look too close, fearing to find
That rose too a stranger, yet
When I came near, each shell-pearl petal
Slipped into memory’s place:
`Look, we are here’, they told me, `then
Is now again’. Almost

I believed them, for they were the same
As in those childhood summers p ast,
Those withered petals made anew;
But I was not, for years between,
Tears and estrangement, my mother’s sorrow
No flowers could comfort, nor mine now.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Mais (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



Un jardin en délire
Rires vaporeux
Baisers qu’on ne refuse pas sous la tonnelle
Nous nous réfugions sous les feuillages sombres
En portant le masque de la nuit
Nous nous unissons dans notre différence et sommes passion
Mais tu seras trahison et je serai souffrance.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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Les Conversants (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

Sam Wolfe Connelly Harvest_main

Les Conversants –

Nous avons donc parlé sous la tonnelle
De la diversité concertante des anges
Des fourmis affairées dans le jardin
Où l’eau brillait parmi ses catégories
Jusqu’au lointain des cruches

La poésie dormait dans ses racines d’arbre
Depuis l’antiquité comme une jeune fille
Agrippée au désastre de la parole
Pour ce naufrage où la terre est consolatrice

La terre était l’enfant de nos viscères
Où déjà des fleurs de formaient préparant
Notre silence vide le plus intime
Sous le ciel dur invisiblement défait
Par la mêlée des grues et des nuages

(Salah Stétié)

Illustration: Sam Wolfe Connelly

 

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La belle femme d’antan (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



La belle femme d’antan

Je voudrais la revoir, cette femme d’antan, si belle!
II n’y avait que charme et tendre féerie en elle.
Quand nous nous promenions tous trois au bord des champs
Dans la boue, elle était sérieuse et gaie en même temps.
Sitôt qu’elle me regardait, un frisson me prenait.
Mais cette femme, c’est ne pas l’aimer que je voudrais!
Ne pas l’aimer, seulement la revoir, pas davantage,
La voir au soleil, rêvant au jardin, dans les feuillages,
Un livre dans les mains, fermé contre elle qui contemple
Dans l’automne alentour les feuillages épais qui tremblent.
Elle sous la tonnelle chuchotante, elle se lève,
Soudain hésite, et puis se ravisant, comme en un rêve,
Va plus loin que les fleurs du jardin sur la grande route,
La route qui l’attend et qui l’emmènera sans doute,
Avec les arbres tout au long qui lui diraient adieu.
Comme l’enfant veut voir sa mère morte, moi je veux
Revoir cette femme d’antan lointaine et familière,
Je veux la voir qui disparaît, belle dans la lumière.

(Attila Jozsef)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Intouchée par les saisons (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Intouchée par les saisons
quand le coeur s’allume
apparaît dans la brume
une belle maison

Elle est petite et claire
avec des murs de pierre
Elle a quatre balcons
où pousse l’Estragon

Sous la tonnelle une grenouille
chante les jours passés
à la chercher
quand l’espoir avait un goût de rouille

Un oiseau noir se pose
sur la table du jardin
Il semble attendre quelque chose
puis vient picorer dans ma main

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots !
Pour voir des boutons d’or et des coquelicots,
Vous partez, le dimanche, et remplissez les gares
De femmes, de chansons, de joie et de cigares,
Et, pour être charmants et faire votre cour,
Vous savez imiter les cris de basse-cour.
Vous avez la gaîté peinte sur la figure.
Pour vous, le soir qui vient, c’est la tonnelle obscure
Où, bruyants et grivois, vous prenez le repas ;
Et le soleil couchant ne vous attriste pas.

(François Coppée)


Illustration

 

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LA PERDRIX ET LES COQS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LA PERDRIX ET LES COQS

Parmi de certains Coqs incivils, peu galants,
Toujours en noise et turbulents,
Une Perdrix était nourrie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces Coqs peuple à l’amour porté
Lui faisaient espérer beaucoup d’honnêteté :
Ils feraient les honneurs de la ménagerie.
Ce peuple cependant, fort souvent en furie,
Pour la Dame étrangère ayant peu de respect,
Lui donnait fort souvent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affligée ;
Mais sitôt qu’elle eut vu cette troupe enragée
S’entre-battre elle-même, et se percer les flancs,
Elle se consola : « Ce sont leurs moeurs, dit-elle,
Ne les accusons point ; plaignons plutôt ces gens.
Jupiter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits :
Il est des naturels de Coqs et de Perdrix.
S’il dépendait de moi, je passerais ma vie
En plus honnête compagnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autrement.
Il nous prend avec des tonnelles,
Nous loge avec des Coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE BONHEUR (Mihály Csokonai Vitéz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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LE BONHEUR

Sous la tonnelle de jasmin
Cette fraîche soirée d’été
Je suis assis avec Lilla ;
Ma Lilla chantonne avec moi,
Elle plaisante en me baisant,
Tandis que dans ses cheveux bruns
Un zéphyr joue en chuchotant.

Sur le vert gazon je posais
Là une bouteille de vin,
Puis, avec une rose tendre
Je lui faisais serrer les lèvres.
Un peu plus loin, dans le panier,
Les poésies d’Anacréon
En compagnie de fraîches fraises.

Qui vit jamais ensemble autant
De délices et de trésors ?
Qui est plus heureux que Vitéz ?

(Mihály Csokonai Vitéz)

Illustration: Ettore Tito

 

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