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Poésie

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La voix de l’éclair te parle (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (1)

La voix de l’éclair te parle,
Renoue avec le passé
sous l’averse et la tempête
dans la nuit des girouettes
en prose et cristal français
tu ne comprends pas sa flamme.
Invente pour chaque image
l’énigme au double visage :
du dehors ou du dedans
lequel est le plus prenant ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Lire la mémoire (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2019




    
Lire la mémoire aux volets fermés,
ses crimes, ses clés, ses caves,
le château des pluies,

Lire la prose des ombres, le babil
des abeilles, cette chose noire et douce,

Lire au soir le blason des nuages
lorsque l’eau se ride et que tu allonges
la main, tirant le fond noir du ciel.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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HIÉROGLYPHES DE LA POESIE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 

HIÉROGLYPHES DE LA POESIE

Ce qui vient et ce qui part
Pose un étrange problème
Qu’on ne résout nulle part
Par la prose ou le poème

Viens viens l’allure des blés
Hâte sa marche immobile
Ceux qui restent sont troublés
Aux moissons d’automobiles

De la terre à l’océan
Tout revient à la matière
Trouve le goût du néant
Sur ma poitrine de terre

Ah ! Je sais dans cent mille ans
Mes graines les plus secrètes
Chevaucheront le flot lent
Qui reprendra la planète

Et devant l’os d’un clackson
Qui va remonter habile
Au nouvel iguanodon
D’une vieille automobile

Alors qui saura jamais
Que les enfants de Sisyphe
Ont enterré le secret
D’étranges hiéroglyphes

Et les fourmis chercheront
Dans cent mille décennies
La vaine explication
D’une humaine poésie

(Robert Goffin)

Illustration

 

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J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Vérités en poussière (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Illustration
    
Vérités en poussière
flottant,
rien n’existe sinon
l’abîme du rien.

Toutes les villes du monde
sont à la dérive,
la vieille horloge de l’univers
roule parmi les étoiles.

Rien n’existe sinon cette voix
qui rêve en prose
et chante tout bas,

Rien n’existe sinon
ce rêve de quelqu’un
qu’on ne voit pas.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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BÂILLON (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



BÂILLON

Je parle à tort et à travers.
Je parle à travers et à tort
Et je chanterai vif ou mort
En rouge, en noir, en prose, en vers.

C’est pour chasser le vol des mouches
Ou bien, c’est pour mieux vous mentir
Et mettre un bâillon sur la bouche
D’un silence qui va tout dire.

(Norge)

Illustration: Erró

 

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La danseuse n’est pas une femme qui danse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

La danseuse n’est pas une femme qui danse,
pour ces motifs juxtaposés qu’elle n’est pas une femme,
mais une métaphore résumant un des aspects élémentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc…
et qu’elle ne danse pas, suggérant, par le prodige de raccourcis ou d’élans,
avec une écriture corporelle ce qu’il faudrait des paragraphes en prose dialoguée autant que descriptive,
pour exprimer, dans la rédaction : poème dégagé de tout appareil du scribe.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Isadora Duncan

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Le vers est partout dans la langue (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



    

Le vers est partout dans la langue où il y a rythme,
partout, excepté dans les affiches et à la quatrième page des journaux.

Dans le genre appelé prose, il y a des vers,
quelquefois admirables, de tous rythmes.

Mais en vérité, il n’y a pas de prose :
il y a l’alphabet et puis des vers plus ou moins serrés :
plus ou moins diffus.

Toutes les fois qu’il y a effort au style,
il y a versification.

(Stéphane Mallarmé)

 

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A l’heure des choses non dites (Eleusis)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
A l’heure des choses non dites,
De choses anciennes, de choses choisies,

Ouvre dans ton corps
Ce livre à dix syllabes
Cette prose de sang

Et regarde la mer
Pour mieux vivre le jour.

(Eleusis)

 

Recueil: Le Front contre le temps
Traduction:
Editions: Cheyne

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LE TRAVAIL CONTINU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LE TRAVAIL CONTINU

À l’ombre du mot tilbury
se reposait un soir de juin
un homme qui tentait d’enter
un vers marron sur de la prose
Cette opération monstrueuse
l’occupait de telle façon
qu’il ne vit point passer la phrase
qui l’aurait tiré d’embarras
Il s’acharnait en grommelant
cependant que sous le ciel rose
la lune d’un pas turbulent
traversait des nuages lyriques
Lorsque l’entracte fut fini
l’horticulteur pédagogique
remit dans l’ombre le lexique
et saisissant sa douce hie
il se pencha de nouveau sur
son travail presque minéral
Paveurs Pavés êtes ainsi
lorsque tombe le crépuscule
l’écho des poètes passés
dans cette rue presque nocturne

(Raymond Queneau)

 

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