Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘clément’

Conciliable (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Conciliable

Des routes vierges
se faufilant
dans les gris

Des petits matins
simples

Des pluies
clémentes

Des envies
de pardon

Des espoirs
conciliables

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Accord anticipé des corps (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Illustration: Diane Marineau
    
accord anticipé des corps. sueur des regards narration sans
langage. corps à corps hantant les mots admirable silence
d’astre. soif clémente beauté soudaine beauté d’eau

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Peut-être est-ce pour sentir jaillir (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
peut-être est-ce pour sentir jaillir
le poisson d’argent de sa nudité
avec d’agréables nageoires effilées,

que ma jeunesse a voyagé vers elle ces années

durant ou pour prendre au collet le penchant
timide de son esprit pour mon esprit

que je suis venu par de petits pays au oui

de sa jeunesse.
Et si quelqu’un entend
ce que je dis—qu’il me soit clément:
parce que j’ai fait le voyage tout seul
dans les forêts du merveilleux,
et que mes pieds ont connu assurément
les chemins paisibles et les furieux,

et parce qu’elle est si belle

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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DIS-MOI, DIS, SOURIANTE ENFANT (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
DIS-MOI, DIS, SOURIANTE ENFANT

Dis-moi, dis, souriante enfant,
Qu’est-ce, pour toi, que le passé?
« Un soir d’automne, doux et clément,
Où le vent soupire, endeuillé. »

Qu’est-ce, pour toi, que le présent?
« Un rameau vert chargé de fleurs
Où l’oiselet bande ses forces
Pour s’envoler dans les hauteurs. »

Et l’avenir, enfant bénie?
« La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l’infini. »

***

TELL ME, TELL ME, SMILING CHILD

Tell me, tell me, smiling child,
What the past is like to thee?
« An Autumn evening soft and mild
With a wind that sighs mournfully. »

Tell me, what is the present hour?
« A green and flowery spray
Where a young bird sits gathering its power
To mount and fly away. »

And what is the future, happy one?
« A sea beneath a cloudless sun;
A mighty, glorious, dazzling sea
Stretching into infinity. »

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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La lande (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La lande

Maléfique, voici la mare
Que l’ombre tremblante bigarre.
Reflets de lune en verts glacis,
Par la lande qui se dénude
Etalant sa décrépitude
Glissent sur les ajoncs moisis.

Le réel absurde s’évade;
La chaotique cavalcade
Surgit des fantômes dressés
Sous les tâtonnantes étoiles
Dont le vent écarte les voiles,
Surgit aux lointains effacés.

Comme un encensoir la braise,
Leur coeur flambant que rien n’apaise,
Pas même le tombeau, reluit
Au creux sombre de leur poitrine;
Des gestes brûlants se devinent
Dont l’éclair traverse la nuit.

Brisant les dalles et les pierres,
Dénouant les rameaux des lierres,
Les amants ont joint leur essor,
Comme les mélèzes frémissent,
Les lèvres ardentes bruissent
Se baisant par delà la mort.

Froissant le houx et la bourdaine
L’âpre galop qui les entraîne,
Rapproche genoux à genoux
Et vertèbres contre vertèbres
Les spectres vêtus de ténèbres
Et secoués de spasmes fous.

La lande étangement fermente…
Plus que toi la mort est clémente
Dont s’entr’ouvre parfois le seuil.
O vie amère!… – D’écarlates
Roses, d’oeillets et d’aromates.
Que l’on remplisse mon cercueil!

D’un linceul aux blancheurs de soie
Qu’on m’enveloppe, que je sois
Prêt aux réveils extasiés;
Que vainqueur de la mort, j’étreigne
Mon rêve à cette heure où se baigne
La lune par les verts bourbiers.

(Marie Dauguet)

 

 

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La Mouette qui s’éleva (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



 

Illustration: Florence Coquais Foucault
    
La Mouette qui s’éleva

Oh ! soyez-moi cléments, mes espaces fidèles !
Car je sens remuer en moi mes grandes ailes !
Et je subis ici la volupté du vent,
Moi qui sus l’affronter et le braver souvent.

Vent qui fais s’élever en moi mes larges ailes,
Vent qui sait dominer les vagues infidèles,
Viens vers moi ! Porte-moi, comme tu fis souvent,
Toi qui sais dominer la mer immense, ô vent !

(Renée Vivien)

 

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Le Poète (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration  
    
Le Poète

Il porte obscurément la pourpre du poète,
Ce passant qu’on rencontre au détour du chemin,
Vers lequel nul ne tend sa secourable main
Et qui lève vers l’aube un front large d’ascète.

Mais sous le grand manteau percé de mille trous,
Si vieux qu’il est pareil aux innombrables toiles
Que l’araignée a su tramer sous les étoiles,
S’ouvrent ses yeux divins, prophétiques et fous.

Cet inconnu c’est le poète en son passage,
Et le vent du chemin lui dicte, ainsi qu’un dieu
Dicte un ordre divin, son chant impérieux…
… Mais, hélas ! nul n’entend le merveilleux message.

Toi, dont le vent clément rafraîchit le front nu,
Tu n’oses même pas solliciter l’Aumône,
Mais les siècles futurs te verront sur un trône,
Couronné de rayons, ô divin Inconnu !

(Renée Vivien)

 

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Oiseaux dans la Nuit (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




    
Oiseaux dans la Nuit

CETTE nuit, des oiseaux ont chanté dans mon coeur…
C’était la bonne fin de l’ancienne rancoeur…
J’écoutais ces oiseaux qui chantaient dans mon coeur.

Dans ma grande douleur, la nuit me fut clémente
Et tendre autant que peut se montrer une amante.
Ce fut la rare nuit qui se montra clémente.

Dans son ombre, j’ouïs le chant de ses oiseaux
Et je dormis enfin… Mes songes furent beaux
Pour avoir entendu le chant de ces oiseaux…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Tu es la voix (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




    
Tu es la voix

Sois clément envers moi
Étranger
Je t’aime
Toi que je ne connais pas

Tu es la voix
Qui m’envoûte
Je t’ai perçue
Reposant sur du velours vert
Toi haleine de mousse
Toi cloche du bonheur
Et du deuil inextinguible

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Approche (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    

Approche

Celui qui glisse vers l’autre rive
se surprend à exister,
léger de corps et de bagages.
Les pierres se font sources
et plus clémente est la neige
qui tranche net avec le ciel.
Ce que l’on peut alors soupçonner
rend crédible le moindre doute.

De ce point reculé du pays,
le regard trouble la lumière.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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